L’Espagne propose deux voies de résidence aux ressortissants hors UE qui souhaitent vivre dans le pays sans emploi espagnol, et on les confond sans cesse. Sur le papier, les montants de revenus se ressemblent. En pratique, les deux titres sont conçus pour des situations opposées, et choisir le mauvais revient le plus souvent à recommencer le dossier.
La question qui tranche : allez-vous continuer à travailler ?
Le visa nomade numérique s’adresse aux personnes qui continuent de travailler à distance pour des employeurs ou des clients situés hors d’Espagne. Le travail se poursuit ; seul le lieu d’où vous l’exercez change.
La résidence non lucrative est l’inverse. Elle n’autorise aucun travail — y compris le travail à distance pour une société étrangère. C’est le point le plus souvent négligé : « je ne travaillerai pas pour une entreprise espagnole » ne veut pas dire « je ne travaillerai pas ». Si vous comptez garder un emploi à distance ou continuer à facturer des clients, la résidence non lucrative n’est pas votre voie, aussi confortable que soit votre épargne.
Revenus : combien, et d’où
Les montants sont proches. C’est l’origine qui compte.
Pour le visa nomade numérique, vous devez justifier d’environ 2 800 € par mois — deux fois le salaire minimum espagnol — et ces revenus doivent provenir d’une activité : un salaire ou des factures d’indépendant. La relation avec l’employeur ou le client doit déjà dater d’au moins trois mois.
Pour la résidence non lucrative, le montant est d’environ 2 400 € par mois — quatre fois l’IPREM, l’indicateur public de revenus espagnol — et il doit provenir de revenus passifs ou d’épargne : une pension, des loyers, des dividendes, ou des fonds couvrant l’année entière.
Les deux voies ajoutent un montant par membre de la famille. Pour la résidence non lucrative, il s’agit d’environ 600 € par mois et par personne ; pour le visa nomade numérique, le revenu exigé augmente également avec chaque proche inclus.
Où déposer et combien de temps dure le titre
Le visa nomade numérique peut être demandé auprès d’un consulat d’Espagne ou depuis l’Espagne pendant un séjour régulier. Déposé en Espagne, le titre est généralement délivré pour trois ans et peut ensuite être renouvelé.
La résidence non lucrative ne peut être déposée qu’au consulat d’Espagne de votre pays de résidence. Le premier titre dure un an, suivi de renouvellements de deux ans. Pour renouveler, il faut avoir réellement vécu en Espagne la majeure partie de l’année et continuer de remplir la condition financière — ce n’est pas un titre que l’on conserve en vivant ailleurs.
Après cinq ans de résidence légale, l’une comme l’autre peut mener à la résidence de longue durée.
Côte à côte
| Visa nomade numérique | Résidence non lucrative | |
|---|---|---|
| Travail | Travail à distance pour des employeurs ou clients hors d’Espagne | Aucun travail, même à distance |
| Revenus | Environ 2 800 € par mois, issus d’une activité | Environ 2 400 € par mois, revenus passifs ou épargne |
| Famille | Montant plus élevé pour chaque membre de la famille | Environ 600 € de plus par mois et par membre |
| Lieu de dépôt | Consulat, ou en Espagne pendant un séjour régulier | Uniquement le consulat du pays de résidence |
| Durée | Généralement trois ans si déposé en Espagne | Un an, puis renouvellements de deux ans |
| Régime fiscal spécial des impatriés | Possible, au cas par cas | Non disponible |
| Résidence de longue durée | Après cinq ans | Après cinq ans |
Fiscalité : le point à vérifier avant de partir
Les deux voies font de vous un résident fiscal espagnol dès que vous passez plus de 183 jours par an en Espagne. C’est vrai quel que soit le titre que vous détenez.
La différence tient au régime spécial des impatriés, souvent appelé « loi Beckham » : un taux fixe de 24 % sur les revenus du travail jusqu’à 600 000 €. Les titulaires du visa nomade numérique peuvent éventuellement en demander le bénéfice, et leur éligibilité s’apprécie au cas par cas. Il n’est pas accessible par la voie non lucrative.
Il s’agit d’informations générales, non d’un conseil fiscal. Chaque situation doit être évaluée par un conseiller fiscal, idéalement avant de choisir la voie plutôt qu’après.
Quel profil pour quelle voie
- Un salarié à distance, ou un indépendant dont les clients sont à l’étranger : le visa nomade numérique.
- Un retraité, un bailleur, ou un investisseur vivant de dividendes ou de son épargne : la résidence non lucrative.
- Une personne qui travaille aujourd’hui mais compte arrêter plus tard : il est parfois possible de changer de voie par la suite, le premier titre n’est donc pas forcément le dernier.
Si vos revenus mêlent salaire et sources passives, la réponse dépend de la partie que vous pouvez le mieux documenter et de ce que vous comptez faire une fois en Espagne. Mieux vaut en parler avant de faire apostiller le moindre document.
Le premier appel est gratuit et se fait avec le conseiller de LAVCOM ; nos avocats partenaires à Barcelone préparent ensuite le dossier. Vous ne savez pas où vous en êtes ? Notre évaluation gratuite vous interroge sur vos revenus et vos projets et vous indique laquelle des deux voies convient réellement.
Sources (vérifié auprès des sources officielles le 6 octobre 2026): Real Decreto 126/2026, SMI 2026 (BOE) · IPREM 2026 (SEPE) · Visado de teletrabajo de carácter internacional (exteriores.gob.es) · Residencia no lucrativa, Ministerio de Inclusión · Ley 14/2013 (BOE) · Agencia Tributaria, régimen especial de trabajadores desplazados (art. 93 LIRPF).
Cette page donne une orientation générale. La bonne voie et les conditions exactes ne sont confirmées qu'après l'examen de votre dossier.
